Audit de bannière cookies : la check-list de l'agence en 12 points
Par L'équipe ConsentLift · publié le · mis à jour le
Le client veut « une bannière qui convertit mieux ». La tentation est de regarder la bannière, de la comparer à quelques bonnes pratiques et de proposer une nouvelle maquette. C'est souvent utile, et souvent à côté : une bannière parfaitement rédigée que la moitié des visiteurs ne voit pas, ou qu'on ne peut pas cliquer sur Firefox, ne gagnera rien à un meilleur texte.
Voici les douze contrôles que nous recommandons, dans l'ordre où les faire. Copiez le tableau de fin d'article pour vos propres audits.
Premier temps : ce que l'on voit
1. Un refus aussi simple que l'acceptation
Le bouton « Tout refuser » (ou « Continuer sans accepter ») doit être au même niveau que « Tout accepter », sans clic supplémentaire, et aussi visible. C'est l'exigence de la CNIL depuis sa recommandation de 2020, et c'est sur ce point qu'elle a sanctionné Google et Facebook début 2022. Une bannière qui cache le refus au deuxième niveau obtient sans doute un meilleur taux, et expose le client.
2. Des finalités compréhensibles
Le visiteur doit comprendre à quoi il consent : mesure d'audience, publicité personnalisée, réseaux sociaux. Une liste de quarante partenaires sans regroupement ne l'aide pas. Notez aussi le vocabulaire : « cookies fonctionnels » recouvre selon les CMP des cookies nécessaires ou des cookies de préférence soumis à consentement.
3. Un moyen de changer d'avis
Un lien permanent, en général en pied de page, doit permettre de rouvrir les paramètres. Vérifiez qu'il fonctionne réellement, sur mobile compris.
4. Une durée de conservation du choix raisonnable
La CNIL recommande de conserver le choix, refus comme acceptation, pendant six mois, et de ne pas redemander pendant la navigation. Une bannière qui réapparaît à chaque visite après un refus fatigue le visiteur et fausse les chiffres : chaque réaffichage compte comme une nouvelle bannière.
Deuxième temps : ce qui se passe dans le navigateur
Faites ces contrôles dans une fenêtre de navigation privée, outils de développement ouverts, avant tout clic sur la bannière.
5. Aucun traceur soumis à consentement avant le choix
Onglet Application (Chrome) ou Stockage (Firefox), rubrique Cookies : avant tout clic, vous ne devez voir ni _ga, ni _gcl_au, ni _fbp, ni aucun cookie publicitaire. Onglet Réseau : pas d'appel vers les pixels publicitaires. Si vous en trouvez, le problème est à la fois juridique et de mesure : les données récoltées avant le choix ne correspondent à aucun consentement.
6. Les signaux Consent Mode
Avec Google Tag Assistant, vérifiez que les quatre signaux (analytics_storage, ad_storage, ad_user_data, ad_personalization) sont à « denied » par défaut, puis passent à « granted » après une acceptation, et restent à « denied » après un refus. Une erreur ici fait perdre des données GA4 et Google Ads même quand le visiteur accepte.
7. La correspondance entre catégories et balises
Acceptez seulement la mesure d'audience, et regardez ce qui se déclenche. Puis seulement la publicité. Chaque catégorie doit déclencher ses balises et uniquement celles-là. Les écarts viennent souvent d'un conteneur GTM qui a évolué sans que la CMP suive.
8. L'affichage réel, navigateur par navigateur
Testez au minimum Safari sur iPhone, Chrome sur Android, Chrome et Firefox sur ordinateur. La bannière s'affiche-t-elle, en entier, sans couvrir les boutons du site ni être recouverte ? Les boutons répondent-ils ? Des clients ont ainsi découvert un bug propre à Firefox qui avait fait chuter l'opt-in d'environ 10 points sur ce navigateur.
9. Les conflits avec les autres fenêtres
Fenêtre d'inscription à la newsletter, popup de sortie, bouton de chat, bandeau promotionnel : l'un d'eux peut recouvrir la bannière. Chez un client, une popup recouvrait le bouton « Accepter » et a coûté des semaines de consentements, sans que rien n'apparaisse dans le tableau de bord de la CMP.
10. Le délai d'apparition
Mesurez le temps entre le chargement de la page et l'apparition de la bannière, sur une connexion mobile ralentie (les outils de développement le permettent). Au-delà de quelques secondes, une partie des visiteurs a déjà fait défiler la page ou est repartie.
Troisième temps : ce que disent les chiffres
11. Les trois taux, séparés
Relevez l'opt-in, le taux de décision et le taux de consentement, pas seulement le chiffre que met en avant la CMP. Ils orientent l'audit :
- un taux de consentement bas, avec un taux de décision normal : le message ou le design convainc mal. C'est là qu'une nouvelle maquette aide ;
- un taux de décision bas : la bannière est peu vue, mal affichée ou bloquée. Reprenez les contrôles 8 à 10 avant de toucher au texte.
Pour situer les chiffres, les benchmarks publiés donnent des fourchettes par secteur, à lire avec leurs définitions.
12. Le découpage avant la recommandation
Un taux global masque presque tout. Découpez par navigateur, appareil, page d'entrée et source de trafic, sur au moins deux semaines. Un écart de dix points sur un seul navigateur est un bug à corriger ; un écart entre le trafic payant et le trafic naturel est une question de public, pas de bannière.
C'est seulement à ce stade que la recommandation se fonde sur autre chose qu'une impression. Et c'est la même mesure qui servira à prouver l'effet du changement, en comparant avant et après, comme pour une migration de CMP.
Le tableau d'audit
| # | Contrôle | Comment | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1 | Refus au même niveau que l'acceptation | Lecture de la bannière | |
| 2 | Finalités compréhensibles | Lecture du deuxième niveau | |
| 3 | Moyen de changer d'avis | Lien en pied de page, sur mobile aussi | |
| 4 | Durée de conservation du choix | Refuser, revenir le lendemain | |
| 5 | Aucun traceur avant le choix | Cookies et réseau, fenêtre privée | |
| 6 | Signaux Consent Mode | Tag Assistant : par défaut, après acceptation, après refus | |
| 7 | Catégories et balises | Accepter catégorie par catégorie | |
| 8 | Affichage par navigateur | Safari iOS, Chrome Android, Chrome et Firefox | |
| 9 | Conflits avec d'autres fenêtres | Newsletter, sortie, chat, bandeaux | |
| 10 | Délai d'apparition | Connexion mobile ralentie | |
| 11 | Trois taux séparés | Opt-in, décision, consentement | |
| 12 | Découpage | Navigateur, appareil, page, source, sur 2 semaines |
Les définitions de chaque indicateur sont dans notre glossaire. Si l'audit débouche sur un changement de CMP, le protocole de migration prend le relais.
Pour les agences
Les points 1 à 10 se font en une demi-journée par site. Les points 11 et 12 demandent une mesure en place, et c'est là que la plupart des audits s'arrêtent faute de données comparables d'une CMP à l'autre. Notre page agences décrit comment ConsentLift s'insère dans ce travail, sur toutes les CMP prises en charge.
Sources
- CNIL, « Cookies : si j'ai refusé, un site peut-il me redemander ? » (conservation du choix pendant 6 mois, pas de nouvelle demande pendant la navigation) : https://www.cnil.fr/en/cnil-direct/question/cookies-si-jai-refuse-ses-cookies-un-site-web-peut-il-me-redemander-de-les
- CNIL, recommandation « cookies et autres traceurs » du 17/09/2020 (refuser aussi simplement qu'accepter) : https://www.cnil.fr/cookies-et-autres-traceurs-la-cnil-publie-des-lignes-directrices-modificatives-et-sa-recommandation
- Society for Computers and Law, 11/01/2022, sur les sanctions de la CNIL contre Google (150 M€) et Facebook (60 M€) : https://www.scl.org/12482-french-data-protection-regulator-fines-google-and-facebook-for-making-it-harder-to-refuse-cookies-than-to-accept-them/